
En janvier, Donald Trump a publié une photo officielle accompagnée d’une légende affirmant être président par intérim du Venezuela. Le message imitait une page Wikipédia et mentionnait des fonctions depuis 2026. Cette publication intervenait une semaine après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, en violation du droit international.
Peu après, avant de se rendre au Forum économique mondial de Davos, Trump a partagé un autre message au sujet du Groenland. L’image le montrait plantant un drapeau américain sur la banquise aux côtés de son vice-président et de son secrétaire d’État. Une pancarte indiquait Groenland comme territoire américain depuis 2026, méconnaissant la souveraineté de ce pays allié.
Ces provocations illustrent une stratégie gouvernementale basée sur la perturbation et le chaos. Trump a intensifié son culte de la personnalité au cours de l’année passée, loin de modérer les excès de sa campagne électorale précédente. Cette saturation médiatique relève d’une approche délibérée et calculée.
Selon Ruth Ben-Ghiat, auteure d’une étude sur les régimes autoritaires, les dérives commencent souvent par des gestes symboliques perçus comme provocateurs ou absurdes. Ces gestes habituent progressivement l’opinion publique à l’idée d’excès et de transgressions normatives.
Lorsque de tels gestes se multiplient sans conséquences visibles, ils désensibilisent les citoyens. La répétition crée une accoutumance collective aux comportements autrefois considérés comme inadmissibles ou choquants. Ce processus marque souvent les premières étapes d’une transformation autoritaire des institutions.



