Science

La photographie de l’iris oculaire constitue-t-elle réellement un risque pour l’identité et la vie privée ?

Hamza Chouraqui

Les magasins de photographie d’iris connaissent une controverse croissante. Depuis plusieurs années, ces boutiques proposent des clichés en macro de l’iris, sublimés et imprimés sur papier glacé. Cette tendance a soulevé des inquiétudes quant à la collecte de données biométriques et aux risques d’usurpation d’identité, particulièrement concernant Iris Galerie.

Des avertissements ont circulé sur les réseaux sociaux affirmant que les données biométriques seraient stockées et partagées. Ces alertes mentionnaient que les clients n’étaient pas informés lors de la prise de photo. Iris Galerie a également fait face à des critiques concernant une prestation basée sur l’iridologie comportementale, une pratique sans fondement scientifique.

Iris Galerie défend son activité comme étant purement artistique. L’entreprise insiste sur le fait qu’il s’agit exclusivement de photographie, non de scanner. Selon elle, ces images ne constituent pas des données biométriques au sens du RGPD et du droit français, car aucun traitement technique n’est appliqué pour identifier une personne spécifiquement.

Un expert en biométrie confirme cette distinction. Philippe Depraeter, responsable de la recherche chez Idemia, explique que une photo haute définition n’équivaut pas à une capture biométrique. Les véritables systèmes d’iris utilisent des capteurs spécifiques et un éclairage adapté pour extraire des éléments mathématiques précis. Une photographie standard, même nette, ne contient pas ces informations essentielles.

Il est donc impossible d’usurper l’identité de quelqu’un à partir d’une simple photo d’iris prise avec un appareil reflex standard. Les lentilles macrophotographiques utilisées par Iris Galerie ne permettent pas de créer un modèle biométrique exploitable pour l’identification.

Concernant la gestion des données, Iris Galerie applique des protocoles clairs conformes au RGPD. Les photographies sources sont supprimées le lendemain de la prise de vue. Les fichiers artistiques de l’iris sont conservés trois ans, puis automatiquement supprimés. Les clients peuvent demander la rectification ou suppression de leurs données avant ce délai.

Pour les prestations nécessitant un retraitement artistique, l’enseigne utilise un cloud sécurisé. Les données personnelles et le fichier d’iris retraité sont stockés sur deux systèmes informatiques séparés et totalement anonymisés. Cette séparation empêche toute liaison entre les informations identifiantes et les images.

Iris Galerie a également dû répondre à une seconde controverse en 2025. L’enseigne a lancé une prestation appelée “Iridology is the new astrology”, promettant une analyse de la personnalité basée sur les motifs d’iris et la sagesse ancienne des “12 signes iridologiques”. Cette affirmation était trompeuse, car l’iridologie elle-même date du XXe siècle, non de 5 000 ans.

Iris Galerie reconnaît que cette campagne n’avait aucun fondement scientifique, médical ou thérapeutique. L’enseigne la défend comme une démarche marketing et artistique temporaire, comparable à ses campagnes inspirées de Disney ou Harry Potter. La campagne s’est terminée en septembre 2025.

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