France

Le rejet par l’Assemblée nationale de la présomption de légitime défense pour les policiers surprend malgré l’appui gouvernemental

Baptiste Lacomme

Une manœuvre parlementaire d’ampleur s’est déroulée jeudi 22 janvier à l’Assemblée nationale. La gauche a déployé tous les outils d’obstruction disponibles pour bloquer l’adoption d’une proposition de loi controversée. Quarante rappels aux règlements, une quinzaine de suspensions de séance et plusieurs dizaines de sous-amendements ont été mobilisés pour empêcher le vote.

Le texte en question visait à accorder une présomption de légitime défense aux forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Déposé par un député Les Républicains du Territoire de Belfort, Ian Boucard, il s’inscrivait dans le cadre d’une niche parlementaire. Faute d’avoir franchi le seuil du vote avant minuit, la proposition n’a pas pu être adoptée.

Pour l’exécutif, ce revers constitue un coup politique significatif et cuisant. Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, s’était personnellement investi dans la défense de ce texte auprès des députés. Le gouvernement avait d’ailleurs apporté son appui au projet, quoique timidement remodelé.

Laurent Nuñez justifiait son soutien en estimant que le texte représentait un protection importante pour les policiers et gendarmes. Il pointait du doigt le risque que ces derniers se retrouvent poursuivis après avoir mené des opérations. Cette position reprenait les arguments régulièrement développés par le syndicat policier Alliance.

L’échec du vote révèle les tensions persistantes autour de la responsabilité des forces de l’ordre. Le blocage orchestré par la gauche met en lumière les désaccords profonds sur les droits à reconnaître aux policiers et gendarmes face aux poursuites judiciaires.

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