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Les crises successives qui ont fragilisé Ubisoft, le géant français du jeu vidéo, jusqu’à la rupture

Baptiste Lacomme

Ubisoft a annoncé mercredi une restructuration majeure comprenant l’annulation de projets, la fermeture de studios et d’importantes réductions de coûts. Ces mesures drastiques visent à relancer le géant français du jeu vidéo, qui traverse une période critique depuis plusieurs années. L’entreprise prévoit une perte dépassant le milliard d’euros pour l’exercice en cours suite à cette refonte organisationnelle.

Le marché a réagi immédiatement et brutalement aux annonces. L’action Ubisoft a chuté de 38 % jeudi à la Bourse de Paris, marquant une dégringolade historique pour le titre. Cette effondrement s’inscrit dans une trajectoire baissière plus large, le cours ayant déjà perdu environ la moitié de sa valeur au cours de l’année précédente.

Parmi les décisions controversées figure le revirement sur le télétravail, sujet extrêmement sensible dans le secteur. La direction a également annoncé des reports et des annulations multiples de jeux en développement. Ces choix radicaux reflètent l’urgence perçue par le management pour redynamiser la trajectoire de l’entreprise.

Les salariés ont exprimé leur mécontentement rapidement et vivement. Chakib Mataoui, représentant syndical de Solidaires Informatique, a initié un mouvement de grève devant les locaux parisiens d’Ubisoft dès le lendemain des annonces. L’absence de dialogue préalable a alimenté la frustration des employés, particulièrement face au manque de clarté des mesures annoncées.

Le timing des annonces a aggravé le ressentiment parmi les équipes. Le studio parisien organisait une activité collective destinée à améliorer le moral des troupes quelques heures seulement avant la révélation de cette restructuration majeure. Les syndicats promettent une mobilisation accrue, avec des actions prévues également au niveau international.

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