Les réductions successives appliquées au taux du Livret A, qui a diminué de 3 % à 1,7 % durant 2025 puis à 1,5 % en février, ont considérablement réduit son attrait pour les épargnants français. Cette érosion progressive des rendements explique le changement de comportement des détenteurs de comptes.
Durant l’année écoulée, le Livret A a connu une décollecte nette de 2,12 milliards d’euros, phénomène inédit depuis une décennie. La Caisse des dépôts et consignations enregistre davantage de retraits que de dépôts, bien que cette situation soit moins drastique que les pertes observées en 2014 et 2015. Malgré cette décollecte, le produit reste dominant dans l’épargne réglementée.
Le rendement annuel moyen du Livret A en 2025, établi à 2,16 %, demeure supérieur à l’inflation à 0,9 %. Néanmoins, les ménages réorientent massivement leur épargne vers d’autres placements, particulièrement l’assurance-vie qui a captalisé 49,4 milliards d’euros nets entre janvier et septembre. Les fonds en euros offrent désormais une concurrence sérieuse face aux produits de court terme, tandis que les marchés financiers affichent une bonne tenue.
Les ménages, ayant accumulé une épargne de précaution substantielle au cours des cinq années précédentes, trouvent logique de diversifier leurs placements. Cette réallocation du capital vers des produits plus rémunérateurs explique en partie le mouvement de décollecte. Les intérêts capitalisés du Livret A ont aussi diminué, passant de 12,32 milliards en 2024 à 9,24 milliards en 2025.
Le Livret d’épargne populaire subit une décollecte de 840 millions d’euros en 2025. Son taux a baissé de 4 % à 2,7 %, descendant à 2,5 % en février. Ce produit destiné aux ménages modestes souffre aussi des tensions sur le pouvoir d’achat. Historiquement en décollecte de 2009 à 2021, il avait retrouvé des collectes positives entre 2022 et 2023, atteignant 20,67 milliards d’euros. Ses encours actuels avoisinent 84 milliards d’euros.



