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Un journaliste français a été arrêté en Turquie lors d’une manifestation de soutien aux Kurdes

Esteban Ortega

Un journaliste français, Raphaël Boukandoura, a été interpellé à Istanbul dimanche 19 janvier. Son arrestation s’est produite pendant qu’il couvrait une conférence de presse du Parti de l’égalité et de la démocratie des peuples, qui protestait contre une opération menée par l’administration syrienne dans le nord de la Syrie.

Boukandoura, qui exerce le métier de journaliste en Turquie depuis environ dix ans, a affirmé se trouver sur place exclusivement pour des raisons professionnelles. Il a nié avoir scandé des slogans et a insisté sur le fait qu’il était présent uniquement à titre journalistique pour couvrir l’événement.

Reporters sans frontières dénonce une grave injustice contre le journaliste. Erol Önderoğlu, représentant de l’organisation en Turquie, a critiqué cette arrestation en soulignant que Boukandoura disposait d’une accréditation valide pour travailler dans le pays. Il a précisé que le journaliste ne devait pas être traité comme un manifestant ou un criminel. Plusieurs médias français pour lesquels il travaille ont appelé les autorités turques à mettre fin à sa détention.

Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré espérer sa libération rapide. L’ambassade de France et le consulat général à Istanbul suivent la situation de près et restent prêts à exercer la protection consulaire. Boukandoura devrait être transféré mardi à l’autorité chargée des migrations, avec le risque possible d’une expulsion.

Les tensions entre Damas et les Forces démocratiques syriennes semblaient s’être atténuées au début de l’année. Cependant, l’armée syrienne a poursuivi son offensive en capturant Tabqa et en avançant vers Raqqa. Les FDS ont perdu le contrôle de vastes territoires incluant barrages et champs pétroliers.

Un cessez-le-feu a été annoncé dimanche 18 janvier entre le gouvernement syrien et les FDS. Cette trêve intervient après une offensive majeure lancée par Damas au début du mois. Les FDS, qui gouvernaient le nord-est depuis plus de dix ans, se sont largement retirées suite aux premiers affrontements autour d’Alep.

L’accord entre Damas et les administrations du nord-est survient dans un contexte de tensions régionales et internationales complexes. La pression turque, le possible retrait américain et l’influence russe et iranienne poussent les FDS à se rapprocher du gouvernement central, que Damas présente comme une restauration de sa souveraineté.

Le gouvernement syrien a promulgué un nouveau décret le 16 janvier reconnaissant les droits des Kurdes. Le kurde devient langue nationale avec présence garantie dans l’éducation. Norouz a été déclaré jour férié officiel et les Kurdes reçoivent le statut de citoyen à part entière avec des droits politiques et culturels élargis.

Ahmed al-Charaa a présenté ce décret à la télévision, appelant le peuple kurde à participer activement à la construction du pays. Il a affirmé que l’État garantirait la protection de leurs droits. Salih Muslim, ancien co-président du Parti de l’union démocratique, a qualifié cette initiative de tentative dilatoire visant à fragmenter les revendications kurdes.

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