
Le Front de libération nationale kanak et socialiste rejette catégoriquement l’accord signé à l’Élysée concernant la Nouvelle-Calédonie. Cette décision intervient après que les indépendantistes aient déjà refusé l’accord de Bougival, boycottant les négociations en janvier. Le parti dénonce un passage en force de l’État incompatible avec la décolonisation du territoire.
L’accord de Bougival prévoyait la création d’un État calédonien possédant une nationalité propre et une reconnaissance internationale. Cependant, il maintenait le lien constitutionnel avec la France, élément fondamentalement rejeté par le mouvement indépendantiste. Cette contradiction centrale explique l’hostilité du FLNKS envers ce texte.
Le nouvel accord Élysée-Oudinot réaffirme la reconnaissance de l’identité kanak et le droit à l’autodétermination. Il propose également le transfert progressif des compétences détenues par l’État et prévoit une refondation du pacte économique et social. L’État s’engage à apporter un soutien financier significatif à l’archipel pour relancer son économie.
Le FLNKS critique violemment ce qu’il qualifie de chantage économique. Le parti y voit une stratégie visant à imposer le projet gouvernemental en utilisant les besoins financiers du territoire. Plus préoccupant encore, les indépendantistes affirment que l’accord prépare discrètement le dégel du corps électoral, mesure qu’ils combattent farouchement.
Le gel électoral, instauré en 1998, restreint le droit de vote provincial aux personnes implantées avant cette date et leurs descendants. Les non-indépendantistes réclament sa réforme, tandis que les indépendantistes y voient une dilution du vote kanak. Cette question avait provoqué les émeutes meurtrières de mai 2024, tuant 14 personnes et causant deux milliards d’euros de dégâts.
Le gouvernement prévoit l’adoption du projet de loi constitutionnelle au Sénat en février, puis à l’Assemblée nationale en mars-avril. Le FLNKS maintient son engagement envers la pleine souveraineté selon l’Accord de Nouméa et s’oppose résolument à toute initiative qu’il considère comme contraire au droit international et aux aspirations indépendantistes.



