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Les forces armées congolaises retrouvent Uvira suite au départ du M23

Esteban Ortega

Les autorités militaires congolaises ont déclaré lundi 19 janvier avoir repris possession d’Uvira, ville stratégique du Sud-Kivu, suite au retrait du groupe armé M23 soutenu par le Rwanda. Les combattants du M23 demeurent néanmoins positionnés aux alentours de cette agglomération lacustre importante.

Début décembre, le M23 a lancé une offensive majeure dans le Sud-Kivu et s’est emparé d’Uvira, une ville de plusieurs centaines de milliers d’habitants située à la frontière burundaise. Cette action s’est produite peu après la signature d’un accord de paix entre la RD Congo et le Rwanda sous médiation américaine.

Le 17 décembre, le groupe armé a annoncé le retrait de ses troupes d’Uvira, prétendument en réponse à une demande des États-Unis. Cependant, des éléments du M23 sont restés implantés dans la ville. Jeudi, le M23 a promis de retirer ses derniers effectifs et d’établir Uvira sous responsabilité internationale. Des témoins locaux ont observé samedi des mouvements de troupes M23 évacuant les lieux.

Dimanche matin, les milices « wazalendo » proches de Kinshasa ont pris position dans les quartiers sud d’Uvira, bientôt suivies par des forces spéciales congolaises. Les habitants ont accueilli ces troupes avec enthousiasme, bien que des pillages simultanés de commerces et de maisons aient été rapportés. Vingt civils pillards ont été arrêtés selon le porte-parole des forces armées.

Le gouverneur du Sud-Kivu affirme que les troupes M23 se sont positionnées sur les hauteurs pour menacer la ville. Corneille Nangaa, coordinateur politique du M23, accuse les forces gouvernementales de « règlements de compte » et de pillages ciblant la communauté Banyamulenge, une minorité tutsi d’origine rwandaise.

Plusieurs membres Banyamulenge ont quitté Uvira samedi avec le M23, qui prétend les protéger. Le gouvernement congolais accuse le M23 d’avoir « déporté » certains d’entre eux. Le gouverneur dénonce une « manipulation de la souffrance », affirmant que l’armée congolaise sécurise désormais la ville et les quartiers Banyamulenge.

Le M23 a demandé le 11 janvier à la Monusco d’assurer la sécurité d’Uvira. L’est congolais connaît trois décennies de conflits. Les violences se sont intensifiées depuis la résurgence du M23 en fin 2021, qui contrôle désormais Goma depuis janvier 2025 et Bukavu depuis février.

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