
L’Union européenne dispose d’un mécanisme commercial créé en 2023 pour contrer les pressions économiques extérieures. Cet instrument anti-coercition n’a jamais été activé jusqu’à présent. Emmanuel Macron a mentionné son possible déploiement face aux menaces tarifaires américaines concernant le Groenland. Les observateurs le comparent à une arme dissuasive puissante destinée à protéger les intérêts collectifs des États membres face à des intimidations commerciales.
Le mécanisme intervient quand un pays extérieur utilise des mesures commerciales pour influencer les décisions souveraines de l’Union ou de ses membres. Il permet de restreindre les importations, d’interdire l’accès aux marchés publics et de bloquer certains investissements. Cet outil représente une riposte directe aux stratégies de coercition économique employées par les puissances externes. Sa conception vise à renforcer la capacité défensive de l’Europe face aux pressions tarifaires ou commerciales.
La Lituanie avait soulevé la question de son utilisation après les sanctions commerciales chinoises liées à l’ouverture d’une représentation taïwanaise à Vilnius. Les menaces récentes de Donald Trump d’augmenter les tarifs douaniers contre huit nations européennes si le Groenland n’est pas cédé aux États-Unis ont ravivé les appels en faveur de son activation. Plusieurs eurodéputés considèrent qu’une mesure inutilisée perd sa crédibilité dissuasive.
L’activation requiert l’approbation du Conseil de l’Union à majorité qualifiée. Au moins 55 % des États membres représentant 65 % de la population doivent soutenir la décision. La Commission peut initier la procédure elle-même ou suite à une demande d’un membre. Une phase de médiation sans délai défini s’ouvre ensuite, pendant laquelle les négociations visent à résoudre le différend avant toute mesure de représailles.
De nombreuses incertitudes demeurent puisque cet instrument n’a jamais été appliqué concrètement. Le délai d’activation reste inconnu, tout comme la portée précise des mesures de riposte envisageables. La Commission proposera des contre-mesures appropriées en cas d’échec des négociations. Les responsables européens soulignent que ce mécanisme a été spécifiquement conçu pour les situations d’intimidation économique contemporaines. Valérie Hayer, dirigeante du groupe centriste au Parlement, qualifie cet instrument d’arme nucléaire économique capable de dissuader les pressions extérieures.



