International

L’influence croissante de l’armée ougandaise dans les Grands Lacs demeure largement méconnue du public international

Annabelle Chesnu

En Ouganda, le président Yoweri Museveni, réélu pour un septième mandat en janvier, dirige depuis quatre décennies une armée qu’il a construite méthodiquement. Lors d’une cérémonie militaire en juin 2023, il a adressé un discours aux jeunes recrues, les encourageant à rejoindre cette force qu’il considère comme prestigieuse et porteuse d’avenir.

Bien que le pays ait accusé un retard économique comparé à certains voisins comme le Kenya et n’ait connu aucun changement politique depuis 1986, les forces armées ougandaises demeurent extrêmement solides. Cette solidité militaire contraste avec les difficultés de développement que traverse la nation enclavée d’Afrique de l’Est.

Au sein de la région des Grands Lacs, l’Ouganda partage la scène régionale avec d’autres puissances militaires. L’armée rwandaise notamment rivalise en influence, particulièrement depuis le début de 2025, lorsqu’elle a soutenu les rebelles du Mouvement du 23 mars dans leur avancée rapide en République démocratique du Congo, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Les deux forces militaires présentent de nombreuses similarités structurelles et stratégiques. Au-delà de leurs différences nationales, elles partagent une caractéristique commune majeure : leur déploiement actif au-delà de leurs frontières respectives, ce qui les positionne comme des acteurs importants dans les dynamiques régionales complexes.

Cette présence militaire ougandaise, bien que discrète dans la couverture médiatique internationale, exerce une influence considérable sur les équilibres régionaux. L’armée représente un élément clé de la stratégie politique et de la projection de pouvoir du régime dans un contexte régional marqué par les tensions et les conflits.

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