International

Au Guatemala, l’état de siège déclaré par le président suite aux violences carcérales qui ont coûté la vie à huit policiers

Annabelle Chesnu

Le Guatemala fait face à une grave crise sécuritaire après des mutineries sanglantes dans plusieurs établissements pénitentiaires orchestrées par des organisations criminelles. Ces révoltes ont entraîné la mort de huit policiers et ont contraint les autorités à prendre des mesures exceptionnelles pour rétablir l’ordre dans le pays.

Le président Bernardo Arevalo a annoncé dimanche l’instauration d’un état de siège sur trente jours couvrant l’intégralité du territoire national. Cette décision suspend des garanties constitutionnelles fondamentales telles que la liberté de réunion et de manifestation, tout en autorisant des arrestations et interrogatoires sans autorisation judiciaire préalable.

Les troubles carcéraux constituent une réaction des chefs de gangs à la décision gouvernementale de les transférer vers une prison de haute sécurité. Les autorités ont refusé de revenir sur cette mesure malgré les prises d’otages impliquant quarante-cinq gardiens et un psychiatre répartis dans trois établissements différents à travers le pays.

Les forces de sécurité ont progressivement repris le contrôle de tous les sites touchés sans faire de victimes selon les déclarations officielles. Le chef présumé de Barrio 18, connu sous le surnom El Lobo, a été arrêté et présenté menotté aux médias. Le gouvernement maintient sa position de fermeté en refusant toute négociation avec les éléments criminels.

Le Guatemala connaît une violence chronique liée aux activités des organisations criminelles qui dominent plusieurs régions. Le taux d’homicides dépasse 16 pour 100 000 habitants, représentant plus du double de la moyenne internationale. Les gangs Barrio 18 et Mara Salvatrucha continuent d’exercer un contrôle territorial par l’extorsion, le meurtre et le trafic de stupéfiants dans ce pays d’Amérique centrale.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer