
Une foule de civils traverse un pont endommagé au-dessus du canal de Rasm Al-Harmal le vendredi 16 janvier, fuyant les villages environnant Deir Hafer et Maskana, situés à cinquante kilomètres à l’est d’Alep. Parmi eux, des enfants, des femmes et des personnes âgées évacuées sur des brancards par les services de protection civile. Ces populations quittent les zones déclarées militaires fermées par Damas, redoutant l’éclatement d’un conflit armé entre l’armée gouvernementale et les Forces démocratiques syriennes, à majorité kurde.
Depuis la chute de Bachar Al-Assad le 8 décembre 2024, les FDS contrôlent la région à l’ouest de l’Euphrate. Le gouvernement syrien, déterminé à reconquérir ce territoire, a organisé jeudi un passage humanitaire pour permettre aux civils de se diriger vers les zones sous son contrôle. Plus de 13 000 civils ont quitté la région avant le début des opérations militaires, selon les autorités de la province d’Alep.
Les réfugiés rapportent des obstacles à leur fuite. Abou Khaled, habitant de Deir Hafer qui s’est échappé avec sa famille de six enfants, décrit des blocages sur les axes principaux où les FDS auraient extorqué de l’argent aux chauffeurs. Il évoque aussi la présence de mines et de positions de tireurs embusqués contrôlées par les forces kurdes, rendant les itinéraires secondaires extrêmement dangereux.
Les Forces démocratiques syriennes nient délibérément retenir les populations civiles pour les utiliser comme boucliers humains, contredisant les accusations des autorités de Damas. Les autorités syriennes ont massé plus de 25 000 hommes sur la ligne de front en préparation des opérations. Vendredi soir, elles ont lancé un bombardement intensif à l’artillerie contre les positions des FDS, bien que ce déluge de feu ait été de courte durée.
Cette situation reflète les tensions géopolitiques persistantes en Syrie, où le contrôle territorial demeure un enjeu majeur entre les acteurs militaires rivaux. Les civils demeurent les principales victimes de ces confrontations, forcés à quitter leurs foyers dans l’urgence et l’incertitude.



