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Comment la stratégie de Trump au Groenland a provoqué un rejet massif de la population envers les États-Unis ?

Annabelle Chesnu

Au cours de l’année écoulée, les habitants du Groenland ont connu des émotions contradictoires face aux déclarations répétées de la Maison Blanche. Cependant, la colère s’est installée durablement depuis que Donald Trump affirme vouloir s’approprier cette île inuite, quatre fois grande comme la France mais comptant seulement 56 600 habitants. Cette tension croissante transparaît dans les créations artistiques locales, notamment chez les sculpteurs de tupilaks, ces figures vengères traditionnelles.

Kim Kleist-Eriksen, artisan travaillant dans son atelier de Nuuk, fabrique ces petits êtres maléfiques selon l’art inuit ancestral. Ses dernières commandes reflètent le climat de tension actuel. Un client local a commandé un tupilak armé de dents menaçantes, tenant la tête d’un leader politique américain. Ces créatures, autrefois lancées à la mer pour cibler des ennemis, symbolisent désormais la crainte face à un chef d’État imprévisible.

Les Groenlandais redoutent particulièrement la puissance d’un dirigeant capable d’actions militaires imprévisibles. Cet chef d’État a déjà menacé ses alliés historiques les plus proches, notamment le Danemark. La peur d’une intervention armée sur leur territoire s’ajoute aux craintes existantes. Cette appréhension collective se manifeste désormais publiquement.

Le samedi 17 janvier, Nuuk organise un rassemblement majeur contre les États-Unis, coordonné avec une manifestation au Danemark. Le slogan « Le Groenland n’est pas à vendre » circule largement dans les conversations et figure sur les vêtements. Le drapeau national aparaît désormais sur les bâtiments publics et les chantiers, où les ouvriers l’ont hissé en signe de protestation.

Face à cette mobilisation, Paneeraq Siegstad Munk, évêque de l’Église évangélique luthérienne prédominante, a publié une lettre adressée aux Américains. Elle affirme l’identité et l’autonomie du peuple groenlandais. L’ecclésiastique précise que cette opposition vise le président, non le peuple américain, espérant un retour rapide à une situation normale.

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