
Les autorités militaires ougandaises ont rejeté dimanche les allégations selon lesquelles elles auraient procédé à l’enlèvement du chef de l’opposition Bobi Wine par hélicoptère. Le porte-parole des forces armées, Chris Magezi, a qualifié ces rumeurs de totalement infondées et destinées à provoquer des violences parmi les sympathisants du candidat malheureux aux élections présidentielles.
La formation politique de l’opposant, la Plateforme d’unité nationale, avait signalé vendredi que un appareil militaire s’était posé à son domicile et l’avait emporté vers une destination inconnue. Selon le parti, les garde du corps auraient subi des violences lors de cet incident. Ces déclarations contrastent fortement avec les démentis officiels des militaires, créant une situation d’incertitude.
Sur le terrain, les journalistes ont observé un climat de tension accrue avec déploiement renforcé de forces de sécurité autour de la résidence de l’opposant. Les habitants du quartier rapportent avoir entendu des bruits d’hélicoptère durant la nuit précédente et constaté une présence policière massively augmentée. Les communications restaient interrompues, compliquant la vérification des informations.
Des incidents sanglants ont marqué cette période électorale. Un parlementaire de l’opposition affirme que dix supporters ont été tués par l’armée dans le district de Butambala. Le parti d’opposition estime que plus de vingt personnes auraient perdu la vie, tandis que les autorités gouvernementales rapportent sept décès lors d’affrontements aux locaux de dépouillement des votes.
Le scrutin s’est déroulé dans un contexte de restrictions massives des libertés et suppressions d’accès à internet. Les organisations humanitaires ont documenté près de quatre cents arrestations de militants au cours de la campagne. L’opposant a régulièrement dénoncé des fraudes électorales massives et appelé à des manifestations publiques en réaction.
Avec le dépouillement avancé à quatre-vingts pour cent, le président sortant Yoweri Museveni maintient une avance substantielle à plus de soixante-treize pour cent des voix. Bobi Wine, musicien devenu politicien âgé de quarante-trois ans, récolte un peu moins de vingt-trois pour cent des suffrages exprimés. Les résultats officiels finaux étaient attendus le même jour.
L’opposant s’est progressivement imposé comme le principal challenger du régime établi depuis quatre décennies. Originaire des quartiers pauvres de Kampala, il s’identifie comme le représentant des populations marginalisées. Il avait connu l’emprisonnement et la torture lors du précédent scrutin de deux mille vingt-et-un.



