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À Minneapolis, Donald Trump écarte pour l’instant le recours à l’Insurrection Act permettant le déploiement militaire

Annabelle Chesnu

Donald Trump a déclaré vendredi qu’il ne voyait « pas de raison pour le moment » d’invoquer l’Insurrection Act à Minneapolis. Cette loi permettrait au président de déployer l’armée comme force de police. La veille, il avait menacé de recourir à ce texte suite aux heurts entre forces de l’ordre et manifestants provoqués par une intervention de la police de l’immigration.

Minneapolis connaît une situation tendue depuis le décès, la semaine précédente, d’une femme tuée par un agent de l’immigration. Mercredi, un ressortissant vénézuélien a été blessé lors d’une opération. Cet incident a provoqué une manifestation rassemblant plusieurs centaines de personnes. Des affrontements ont opposé les manifestants aux autorités, avec des tirs de mortiers d’artifice et des gaz lacrymogènes.

Une juge fédérale a imposé vendredi des restrictions à l’action de la police de l’immigration. Elle a ordonné aux agents de ne pas arrêter les manifestants qui ne font pas obstruction, ni de recourir aux gaz lacrymogènes contre les manifestants pacifiques. La décision précise que suivre les agents à une distance appropriée ne justifie pas une interpellation.

Donald Trump avait menacé jeudi d’invoquer l’Insurrection Act si les élus du Minnesota ne respectaient pas la loi. Le ministère de la justice enquête actuellement sur plusieurs responsables démocrates de l’État, dont le gouverneur Tim Walz et le maire Jacob Frey, pour entrave à l’action de l’immigration. Ce texte n’a été utilisé qu’une seule fois depuis longtemps, en 1992 par George Bush père.

Jeudi, le gouverneur Walz a demandé au président de « faire baisser la température » et de cesser sa campagne de représailles. Les autorités municipales ont exhorté la population au calme, affirmant que le maire accuse l’immigration d’avoir investi la ville avec une force cinq fois supérieure à la police locale. Stephen Miller, conseiller proche de Trump, a accusé les élus démocrates d’inciter à une insurrection violente.

L’ACLU a intenté une action contre l’administration fédérale mercredi, reprochant aux agents de l’immigration d’avoir « bafoué les droits humains fondamentaux », particulièrement envers les communautés somaliennes et latinos. Plusieurs sondages publiés jeudi révèlent qu’une majorité d’Américains jugent injustifiée la mort de la femme décédée lors de l’intervention de la police de l’immigration.

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