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Les victimes de l’incendie de Crans-Montana attendent toujours leur autopsie malgré les enterrements déjà effectués pour certaines d’entre elles

Annabelle Chesnu

La tragédie survenue au bar Le Constellation à Crans-Montana en Suisse a coûté la vie à quarante personnes, principalement des adolescents et des jeunes adultes, avec cent seize blessés supplémentaires. Un problème majeur émerge concernant les procédures médico-légales : certaines victimes ont déjà été inhumées sans avoir subi d’autopsie préalable.

Selon l’avocat Jean-Luc Addor, représentant les familles des victimes, cette situation est anormale et inacceptable. Il souligne que face à des décès violents, l’autopsie devrait être une procédure systématique. Le corps d’un adolescent dont il défend la famille n’a été examiné que tardivement, uniquement après plusieurs sollicitations pressantes de ses proches.

Des familles réclament désormais des autopsies pour comprendre les circonstances exactes du décès de leurs proches. Les causes varient : certaines victimes ont été carbonisées tandis que d’autres ont succombé à l’inhalation de vapeurs toxiques. L’absence d’autopsie complique l’établissement des causes précises et pourrait nécessiter ultérieurement des exhumations.

L’ambassadeur d’Italie à Berne a confirmé qu’aucune des six victimes italiennes n’avait été autopsiée. Les autorités judiciaires romaines ont demandé formellement la mise à disposition des corps pour procéder aux examens. En Suisse, le ministère public détient l’autorité pour ordonner ces opérations, décision qui aurait dû intervenir systématiquement dès le départ.

L’enquête révèle que des bougies décoratives ont provoqué l’incendie en entrant en contact avec une mousse acoustique au plafond du sous-sol. Les investigations soulèvent des questions sur la composition de cette mousse, la disponibilité des extincteurs et la conformité des issues de secours. Une enquête officielle a été lancée pour homicide, lésions corporelles et incendie par négligence contre le couple de propriétaires français.

Le propriétaire du bar a été placé en détention provisoire pouvant durer trois mois. Une libération sous caution de deux cent mille francs suisses pourrait être envisagée, soumise à l’approbation d’un tribunal. Son épouse demeure en liberté, assujettie à des mesures de restriction imposées par les autorités judiciaires.

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