
L’Argiope bruennichi, communément appelée épeire frelon, se reconnaît à son abdomen rayé de jaune et noir. Cette araignée, répandue du sud de l’Europe jusqu’en Suède, mesure entre 4 et 6 centimètres d’envergure. Elle se distingue particulièrement par les motifs en zigzag qu’elle tisse sur sa toile, phénomène appelé stabilimentum.
Positionnée au centre de sa toile, l’araignée détecte l’arrivée de proies en moins de 30 millisecondes grâce à des soies sensorielles situées sur ses pattes. Elle paralyse ensuite sa capture à l’aide de venin avant de l’envelopper de soie. Les zigzags pourraient modifier la propagation des vibrations sur la toile. Des chercheurs suédois et italiens ont étudié cette hypothèse en combinant observations terrain et simulations informatiques.
Pendant trois années, les scientifiques ont analysé les géométries des stabilimenta chez trois populations d’épeires frelons. Les adultes tissent généralement des zigzags serrés entre deux rayons, tandis que les juvéniles créent des plateformes circulaires. Dans environ la moitié des cas, aucun stabilimentum n’est présent. Plusieurs espèces voisines produisent également ces structures.
Diverses hypothèses expliquent la fonction des zigzags. Certains scientifiques pensent qu’ils attirent les proies par réflexion ultraviolette. D’autres considèrent qu’ils dissuadent les prédateurs en mimant une araignée plus grande. Aucune étude n’avait cependant exploré leur fonction mécanique avant ces recherches récentes.
Les simulations numériques révèlent que les stabilimenta amplifient les vibrations tangentielles le long des fils spiralés. Cette amplification améliore la transmission vibratoire vers le centre de la toile. L’araignée peut ainsi localiser plus précisément ses proies grâce à une meilleure connectivité du réseau. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives sur le rôle biomécanique de ces structures fascinantes.



