
La Cour internationale de justice examine actuellement si la Birmanie a perpétré un génocide contre les Rohingyas, minorité musulmane persécutée. Les magistrats statueront après trois semaines d’audiences lancées en janvier. La Gambie, pays ouest-africain à majorité musulmane, a saisi cette haute instance judiciaire de l’ONU pour violations présumées de la Convention sur le génocide datant de 1948.
Cette affaire revêt une importance capitale car elle pourrait établir des précédents juridiques. Le dossier influencera potentiellement les accusations portées contre Israël par l’Afrique du Sud concernant Gaza. Les décisions rendues par la Cour de La Haye orienteront le traitement des futurs litiges internationaux impliquant des accusations génocidaires entre États.
En 2017, l’armée birmane et des milices bouddhistes ont mené une répression sanglante forçant des centaines de milliers de Rohingyas à fuir. Meurtres, viols massifs et incendies criminels ont été documentés par les témoins. Ces événements ont provoqué un exode massif vers le Bangladesh voisin, créant une crise humanitaire majeure dans la région.
Actuellement, 1,17 million de Rohingyas survivent dans des camps surpeuplés et dégradés couvrant plus de 3 200 hectares à Cox’s Bazar au Bangladesh. Les conditions de vie demeurent extrêmement précaires et inhumaines. Les réfugiés attendent depuis des années une résolution de leur situation tout en espérant la justice.
La Birmanie a toujours présenté sa réaction comme une réponse justifiée à une insurrection rohingya. L’État affirme qu’attaques terroristes ont justifié cette répression militaire. Aung San Suu Kyi, ancienne prix Nobel de la Paix, avait herself défendu cette position qualifiant les événements de conflit armé interne plutôt que génocide.
En 2020, la Cour ordonna à la Birmanie de prévenir les violences visées par la convention internationale. Les États-Unis reconnurent officiellement le génocide en 2022. Une enquête de l’ONU en 2019 avait déjà identifié des intentions génocidaires dirigées contre les Rohingyas.
Bien que le verdict final puisse prendre des années, une décision favorable à la Gambie exercerait une pression politique majeure. Le tribunal n’impose pas l’exécution forcée de ses jugements. Parallèlement, la Cour pénale internationale mène ses propres investigations sur les crimes contre l’humanité impliquant les militaires birmans.



