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La répression croissante en Iran révèle une vulnérabilité double du régime, tant intérieure qu’internationale

Esteban Ortega

Les mouvements de protestation qui se propagent actuellement en Iran soulèvent une question fondamentale : le système politique actuel, reposant sur la répression et l’isolationnisme idéologique, peut-il survivre face à cette contestation généralisée ? L’élite dirigeante cherche à gagner du temps en déployant des mesures répressives et sécuritaires pour contenir temporairement l’expression de la colère publique.

Confrontée à des difficultés économiques croissantes, l’autorité politique adopte une narration conspirationniste, attribuant les troubles à des manigances extérieures impliquant Israël et les États-Unis. Cette interprétation occulte cependant la réalité : il s’agit d’un mouvement protestataire endogène, alimenté par l’incapacité du régime à gouverner efficacement, à assurer la stabilité économique et à mener une diplomatie alignée avec les besoins économiques nationaux. La monnaie s’est effondrée face aux devises étrangères, aggravant les conditions des commerçants.

À chaque cycle de protestation, les autorités tentent de créer une distinction entre les manifestants “acceptables” et les “dangereux”, les qualifiant depuis récemment d’“agents terroristes” menaçant l’unité nationale. Cette tactique de division s’avère inefficace. Les protestataires continuent leur mobilisation car ils refusent des solutions purement techniques proposées par l’administration présidentielle actuelle.

La rage exprimée par les manifestants traduit un phénomène plus large : l’effondrement progressif de la classe moyenne iranienne. L’appauvrissement progresse, la pauvreté s’étend, et plus de dix ans de stagnation économique ont anéanti tout espoir de progression sociale. Les perspectives d’amélioration des conditions de vie se sont évanouies.

Cette dégradation n’est pas temporaire mais structurelle. Elle résulte de l’incapacité fondamentale du régime à concevoir des politiques cohérentes et à mobiliser ses ressources au bénéfice de l’intérêt collectif. L’ascenseur social est bloqué, alimentant ainsi une frustration massive au sein de la population.

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