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Jacques Moretti, propriétaire français du bar de Crans-Montana, a été placé en détention préventive suite à l’incendie

Baptiste Lacomme

Jacques et Jessica Moretti se sont présentés ensemble au ministère public vendredi matin. Après plus de six heures d’interrogatoire, leurs chemins se sont séparés : Jacques Moretti a été placé en détention préventive pour risque de fuite, tandis que son épouse a été autorisée à quitter les lieux librement.

Les propriétaires du bar Le Constellation comparaissaient à Sion pour répondre d’accusations incluant homicide par négligence, lésions corporelles et incendie par négligence. Ces accusations découlent du sinistre survenu le soir du Nouvel An dans leur établissement à Crans-Montana, lequel a causé quarante décès et plus de cent seize blessés.

Les autorités valaisannes ont justifié l’emprisonnement de Jacques Moretti en estimant que le risque de fuite était concret, compte tenu de ses antécédents, de son mode de vie et de sa situation transfrontalière. Les avocats des familles endeuillées réclamaient depuis une semaine des mesures coercitives à l’égard du couple, contestant la liberté dont jouissaient les propriétaires.

Concernant Jessica Moretti, le ministère public a jugé que des mesures alternatives suffisaient pour prévenir une fuite, s’appuyant sur ses racines personnelles et son parcours. Un tribunal compétent devra confirmer ou réviser ces dispositions dans les quarante-huit heures suivantes, selon les déclarations faites à la presse par Patrick Michod, l’un de leurs défenseurs.

Les familles des victimes demeurent préoccupées par la disparition possible de preuves et l’influence indue sur les témoignages. Elles réclament également des clarifications sur les responsabilités respectives. La mairie de Crans-Montana a reconnu une défaillance majeure : aucune inspection de sécurité n’avait été réalisée depuis deux mille dix-neuf.

Les enquêteurs examinant l’incendie privilégient l’hypothèse de bougies décoratives ayant touché le plafond du sous-sol. Cette ignition aurait provoqué un embrasement rapide et généralisé du local, piégeant principalement des adolescents et jeunes adultes présents.

À ce jour, quatre-vingt-trois personnes restent hospitalisées dans divers établissements spécialisés répartis en Suisse, France, Italie, Allemagne et Belgique pour traiter leurs brûlures graves.

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